Je vais vous raconter l’histoire de Chloé…

Comme chaque matin, Chloé, qui est âgée de 11 ans, demande à son père si elle peut regarder son dessin animé avant d’aller à l’école. Son père lui demande alors : « As-tu révisé ta leçon pour ton contrôle de ce matin ? » L’enfant répond que non. Son père refuse alors qu’elle regarde la télévision avant d’aller à l’école. Chloé se met à crier et à taper du pied par terre.

Chloé a grandi. Elle a maintenant 16 ans et ce soir elle aimerait beaucoup regarder une vidéo sur son téléphone portable. Mais un peu plus tôt dans l’après-midi, sa mère lui avait demander d’étendre la lessive, ce qu’elle n’a pas fait… De ce fait, sa mère n’est pas d’accord pour qu’elle regarde sa vidéo.  Chloé part dans sa chambre en claquant la porte.

Chloé est maintenant adulte. Elle a 30 ans et travaille dans une entreprise dans laquelle elle vise une promotion qui lui est finalement refusée par son chef. Chloé est dépitée mais elle n’ose pas insister.

Aujourd’hui, Chloé a 40 ans et est la maman d’un petit garçon de 5 ans. Un jour, celui-ci lui demande s’il peut aller jouer au ballon dans le jardin. Chloé lui répond : « As-tu fais tes exercices pour l’école demain ? » Le petit garçon lui répond que non. Chloé lui propose alors de discuter pour trouver un compromis.

A travers le parcours de Chloé, on voit bien à quel point son comportement a pu évoluer tout au long de sa vie et du passage de l’enfance, à l’adolescence et enfin en tant qu’adulte.  Mais de quelle façon cette évolution s’est-elle mise en place ? Mieux la comprendre, vous permettra, en tant que parents, d’améliorer les relations parents/enfants, de connaître les clés afin d’accompagner votre enfant dans ce changement et dans cette évolution afin qu’ils deviennent des adultes responsables.

 

Un équilibre à trouver entre autorité parentale et confiance en soi

Partons de l’idée que pour changer les effets d’une situation en vue d’améliorer les relations parents/enfants, il faut tout d’abord en changer les causes [CQFD]. C’est une possibilité qui se trouve dans le camp des adultes qui sont à même de proposer à leur enfant d’autres façons d’entrer en relation avec eux.

Mais pour cela, l’adulte doit d’abord :

  • vouloir ce changement,
  • le comprendre,
  • l’accepter
  • et pouvoir le mettre en place,

ce qui demande beaucoup d’adaptation. Mais pour pouvoir accepter de changer, il faut trouver un équilibre entre :

  • l’excès de confiance en soi car personne n’accepte de « s’abaisser » à adapter son comportement à celui des autres, en considérant que cet autre « inférieur » en sait moins que nous.
  • le manque de confiance en soi, car personne n’accepte de changer de choses dans sa vie s’il existe une défaillance identitaire si forte que cette personne craint de se perdre en acceptant un compromis,

L’adaptation demande également un abandon du fantasme de pouvoir agir pour l’autre. En effet, si par exemple, votre enfant vous demande toujours la même chose et que vous lui apportez toujours la même réponse, on peut penser que peu d’évolution sera possible !

 

D’un côté, un excès d’autorité peut brider l’élan vital de l’enfant qui lui permet d’être le créateur de sa propre vie ; cela peut aussi générer une baisse de confiance en lui (que l’on retrouve dans l’histoire de Chloé, qui, à l’âge adulte, se résigne à un changement professionnel qu’elle a pourtant désiré).

D’un autre côté, un manque de fermeté va créer un espace de liberté où, certes, tout devient possible pour l’enfant, mais qui comporte aussi le risque de générer de l’angoisse.

 

Alors, parents, que pouvez-vous faire ?

Pour améliorer les relations parents/enfants, il faut savoir que votre enfant a fondamentalement besoin que ses parents aient confiance dans leurs propres choix.  Cela permet à l’enfant de se sentir en sécurité. Sachez que chaque fois que vous perdez patience, vous engendrez de l’insécurité, avec comme effet, un comportement encore plus provocateur et capricieux chez votre enfant. En recherchant sa sécurité, il aura trouvé le meilleur moyen de tester la fermeté bienveillante de ses parents.

Cela pourra vous sembler contradictoire et complexe mais c’est pourtant assez logique : en testant les limites que vous lui posez, votre enfant (ou adolescent) va tester votre assurance et votre confiance dans ces limites. Ainsi, il expérimente votre solidité sur laquelle il pourra s’appuyer en cas de difficultés. L’effet sera d’autant plus bénéfique si vous exprimez votre fermeté avec calme.

 

Oublier ses exigences et ses peurs de parents au profit du dialogue

Il est essentiel qu’en tant que parents, au-delà de vos exigences, vous soyez capables d’entendre les besoins de votre enfant. Pour améliorer les relations parents/enfant, montrez-vous créatifs en lui apportant des réponses différentes de celles que vous lui faites habituellement. Sortez des schémas répétitifs voire trop simplistes.

Ayez à l’esprit que votre enfant enregistre de façon inconsciente chacun de vos comportements. Par exemple, si vous perdez facilement patience faces aux contrariétés de la vie, votre enfant enregistrera que votre énervement est une réponse adéquate à votre frustration. Ainsi, si vous lui dites par exemple que ses résultats scolaires sont insuffisants, il pourra en déduire que lui-même est insuffisant.

En réalité ces insuffisances que vous percevez chez votre enfant constituent en fait un reflet de vos propres peurs. Sauf, que cela, votre enfant/adolescent n’est pas en capacité de le comprendre.

Alors, au lieu de lui faire remarquer ses défaillances ou ses faiblesses à votre enfant :

  • privilégiez la communication et le dialogue ; vous constaterez que vos paroles ont beaucoup plus d’impact sur lui qu’il ne veut bien vous le montrer car sa sensibilité sur votre regard que vous portez sur lui est immense (quoiqu’il en dise).
  • modifiez vos réponses afin de vous extraire du jugement et parvenir à exprimer le « pourquoi » et le « comment » en créant une nouvelle voie,
  • abandonnez la colère au profit de la recherche de sens,
  • montrez à votre enfant ce que veut dire être conciliant si vous voulez qu’il apprenne la conciliation,
  • enseignez-lui ce que signifie « prendre ses responsabilités » (en fonction de son âge bien-entendu),
  • demandez-lui quels seraient ses besoins pour lui permettre d’améliorer ses résultats scolaires si vous les trouvez insuffisants,
  • laissez-lui plus d’espace pour exprimer sa créativité si vous voulez qu’il soit créatif,
  • acceptez qu’il utilise son esprit critique par rapport à ce que vous lui demandez de faire, si vous voulez qu’il le développe.

Pour améliorer les relations parents/enfants, faites attention toutefois à ne pas devenir excessivement exigeants envers votre enfant. Il est important que vous vous demandiez si vous n’exigez pas un peu trop de choses de sa part et si vous n’êtes pas en train de projeter vos propres envies sur votre lui. Il est vrai que le système scolaire actuel créé beaucoup de pression sur les parents comme sur leurs enfants, ce qui peut augmenter la difficulté à créer un équilibre entre une réalité sociale et le respect du rythme de l’enfant.

Par exemple : au lieu de dire à votre enfant « Arrête de hurler ! », demandez-lui calmement pour quelle raison il crie ou bien demandez-lui d’exprimer la même idée avec un ton de voix inférieur pour arriver à une intonation qui favorise le dialogue.

Il est tout aussi important de distinguer ce qui se réfère à la situation présente de ce qui est le reflet de moments passésJe crois que tu es triste car tu es déçu par ton temps à la course à pied. ») et de donner du sens aux émotions ressenties par l’enfant.  On parle alors de « méta langage » c’est-à-dire du fait de parler de la situation au lieu de répondre au premier degré. Cela permettra à votre enfant de prendre conscience des choses et d’instaurer le dialogue.

Enfin, si vous vous sentez vraiment sur le point de craquer, je vous conseille de quitter la pièce, histoire de pouvoir prendre du recul sur la situation.

 

Quels peuvent-être les éléments qui créent de la tension entre parents et enfants-ados ?

  • Le parent stressé

En tant que parent, votre stress est généralement le signe révélateur de vos inquiétudes quant à l’avenir, de vos propres frustrations (de ne pas avoir poursuivi des études supérieures, que vos parents ne vous aient pas aidés davantage, de ne pas avoir pu accéder à une éducation sportive ou musicale, etc.). Et pourtant il vous faudra bien admettre l’évidence que votre enfant est un individu différent de vous, avec ses propres envies, et qui agira différemment que vous ne l’auriez fait.

 

  • Le parent coupable

Certains parents peuvent se sentir coupables d’avoir imposé des situations de vie à leur enfant (en ayant un/des autre(s) enfant(s), en déménageant, en lui imposant un rythme adapté selon votre carrière professionnelle, etc.)  Et pourtant la vie est faite de ces moments ! En voyant les choses sous un angle différent, vous pourrez vous dire que votre enfant a finalement eu la chance d’avoir un frère/une sœur, d’avoir accès à une autre culture, de parler une autre langue, etc.

Ce sentiment de culpabilité va en fait vous empêcher de jouer votre rôle d’éclaireur. Pour votre enfant/adolescente, cette culpabilité va alors devenir le meilleur prétexte pour faire n’importe quoi ou l’amener à penser/à dire qu’il est le plus malheureux de tous. Un comportement qui ne mène ni à la maturité et encore moins à la conciliation.

 

  • L’adolescent léthargique

Souvent source de difficultés parents-enfants, la léthargie de l’adolescent peut être particulière agaçante. Votre enfant ne s’intéresse à rien et ne veut rien faire de ce que vous lui proposez. Pourtant cette phase de léthargie fait partie de son développement. Il s’agit d’une phase de latence, pendant laquelle son corps se transforme, mais aussi un moment pendant lequel il va se recréer. Il se traduit souvent par une opposition au modèle parental qui vise en fait à créer son propre modèle d’adulte.

Pour améliorer les relations parents/enfants, je vous conseille d’apporter une réponse subtile aux sollicitations de votre ado :

  • si vous vous montrés trop autoritaires, vous risquez de créer des conflits systématiques entre vous et de rompre toute communication,
  • incitez votre ado à s’engager dans une activité (clubs de sport, camps d’ados, associations, etc.) afin que cette léthargie ne s’installe pas au quotidien et d’expérimenter de nouvelles choses, voire de se découvrir une passion,
  • gardez confiance en ce que vous lui transmettez au travers de de votre mode de vie et de vos propres engagements. Laissez-le grandir à son rythme au risque de bloquer le développement de son autonomie.

 

  • Des ados hyperconnectés aux écrans

« Tu ne peux pas t’occuper autrement qu’en regardant ton portable ! », est peut-être une phrase que vous êtes amenés à répéter souvent. Ce qui entraîne agacements et conflits. Plus vous vous montrerez insistants auprès de votre ado et exigerez qu’il change son attitude, plus vous prendrez le risque de bloquer la situation. En faisant cela, la situation va constituer un enjeu de prise d’indépendance de votre ado en lui donnant l’occasion de s’opposer à vous. Des conflits répétitifs peuvent alors créer un climat de saturation. Le risque étant qu’en cas de raison plus sérieuse de vous opposer au comportement de votre ado, vous aurez perdu toute prise.

Je vous recommande, si vous le pouvez, de dicter des règles à vos enfants dès leur jeune âge. Plus ils auront compris tôt les règles à respecter, plus il sera facile de les appliquer à l’avenir.  Vous pouvez par exemple établir ensemble des règles de fonctionnement en parlant de ce que vous ressentez :

  • « Je suis agacée de te voir sur ton téléphone en permanence, j’ai l’impression que tu ne t’intéresses à rien d’autre. »,
  • « Y aurait-il une autre activité que tu aimerais faire à la place de regarder ton portable ? »,
  • «  Je peux comprendre que ce soit un moment de détente après les cours, mais peut-on se mettre d’accord que tu n’y passes que 20 minutes maximum ? »

 

Pour conclure, pour améliorer les relations parents/enfants, je vous invite à retenir les points suivants :

  • prendre soin de votre enfant ne signifie pas tout accepter de lui,
  • essayez de dépasser le premier niveau de communication pour donner du sens à ce qui se joue pour lui,
  • plutôt que de lui dire « Je veux que tu… » – « Tu dois faire ceci » – « Il faut que tu… », utilisez des formulations comme : « Qu’est-ce qui te ferait envie ? » – De quoi aurais-tu besoin pour réussir cela ? » – « Qu’est-ce que tu ressens ? » – « Comment peut-on faire pour… ?».

 

Vous rencontrez des difficultés pour vous positionner dans votre relation avec votre enfant ? Vous pouvez prendre rendez-vous pour un accompagnement sur-mesure.

 

A VOIR AUSSI

Parler vrai pour être écouté en famille

Se parler sans crier au sein de la famille

Renforcer la confiance en soi : la vôtre et celle de vos enfants

 

 

Pin It on Pinterest

Share This